Il y a quelques années, dans un cas pratique que Marco Mancesti utilise aujourd’hui dans ses propres cours, un directeur de site dîne dans une pizzeria avec sa femme et ses deux enfants, un mardi soir ordinaire. Son téléphone sonne. Toutes les machines du site sont arrêtées. Écrans noirs.
Il a deux minutes pour décider quoi faire, et quoi dire, avant de basculer dans l’improvisation totale.
Ce scénario revient sans cesse, pour deux raisons. D’abord, ce type de perturbation, qu’il s’agisse d’une défaillance technique, d’un sabotage ou d’une cyberattaque, est devenu la norme plutôt que l’exception. Ensuite, la plupart des modèles de décision supposent un luxe que presque personne n’a en pleine crise réelle : le temps de rassembler l’information, de peser les options, de consulter.
Dans les environnements où la rapidité compte vraiment, intervention d’urgence, salles de conseil en pleine crise, les décideurs·euses n’optimisent que rarement. C’est souvent la première option qui franchit un seuil acceptable qui prime.
Marco Mancesti a passé deux décennies à l’intersection de la stratégie, du leadership et de la dynamique organisationnelle, en travaillant dans des secteurs très variés, y compris avec des équipes d’intervention d’urgence. Cet article propose une séquence : six étapes, à suivre dans l’ordre qui permet à un·e décideur·euse de protéger les enjeux. Une discipline pour les instants où il n’y a de temps pour rien d’autre.


