01Avr

« Pendant des années, nous avons évalué chaque nomination de dirigeant avec la plus grande rigueur. Il ne nous a jamais traversé l’esprit d’appliquer la même exigence au conseil d’administration. »

Cet aveu, partagé discrètement par un président de conseil lors d’une revue de gouvernance consécutive à une crise évitée de justesse, met le doigt sur quelque chose qui mérite bien plus d’attention qu’il n’en reçoit.


Nous avons tous observé ce schéma. Le conseil se réunit. Des décisions sont prises. Des rapports sont examinés. Des risques sont suivis. Et pourtant, quelque part en sous-marin, les liens d’influence agissent par des canaux qui n’apparaissent sur aucun organigramme. Des alliances se forment, des agendas cachés opèrent en coulisses, des problèmes que chacun autour de la table reconnaît sont passés sous silence, parfois pendant des années. A l’autre bout du spectre, on trouve les conseils à haute-performance.  L’écart entre les deux est rarement une question de compétence.


Ce qui ressemble à un défi de gouvernance est, en réalité, quelque chose de plus fondamental : la structure a été conçue, l’équipe non.


Notre expert Marco Mancesti s’attaque à l’un des angles morts les plus persistants de la vie organisationnelle : le conseil d’administration est un collectif d’une importance cruciale pour toute institution, et pourtant le moins traité comme une équipe humaine. S’appuyant sur une longue expérience auprès d’organes de gouvernance dans de nombreux secteurs, cet article explore ce que les conseils sont réellement sous leur autorité formelle : les dynamiques invisibles, le paradoxe des conseils de fondation, le rôle du président, et deux compétences critiques qui n’apparaissent presque jamais dans une conversation de recrutement au niveau du conseil.


La question n’est pas de savoir si votre conseil gouverne bien sur le papier. C’est de savoir s’il fonctionne bien comme collectif au moment où cela compte le plus.